Chaussures de sécurité et canicule : que dit la loi ?

Travailler par des chaleurs extrêmes et de plus en plus fréquentes est difficile, surtout lorsqu’on porte un équipement lourd qui tient chaud. Peut-on faire l’impasse sur les chaussures de sécurité par temps de canicule ? Que prévoit la loi à ce sujet ?

La réglementation est ferme : l’employeur doit protéger ses salariés

7% des accidents du travail sont des blessures au pied. L’importance des chaussures de sécurité est capitale, quelle que soit la météo. Surtout, votre employeur est tenu de vous protéger de votre environnement de travail. S’il tolère les comportements risqués, comme par exemple d’accepter que vous travailliez sans vos équipements de protection individuelle (ou EPI), il engage sa propre responsabilité en cas d’accident.

Il n’existe pas encore de texte de loi concernant spécifiquement le port des chaussures de sécurité par températures extrêmes. Néanmoins, le Code du Travail, ainsi que les normes européennes imposent tout équipement de sécurité, quelles que soient les conditions de travail.

Selon la loi n°91-1414 du 31 décembre 1991, le salarié est tenu par l’obligation de port d’un EPI, dont les chaussures de sécurité, si cela lui a été spécifié par sa hiérarchie. Il est bien entendu possible d’adapter votre équipement selon votre morphologie et vos impératifs médicaux.

Porter les chaussures de sécurité, un devoir pour les salariés

Le Code du Travail l’indique dans son article L 1121-1, nul ne peut porter à vos libertés en imposant des restrictions injustifiées par la nature du travail à effectuer. Par conséquent, la tenue vestimentaire peut être imposée dans certains domaines d’activité. L’équipement de sécurité vous protège, vous êtes donc tenu de vous conformer à ces règles, malgré les hautes températures.

Votre contrat de travail doit mentionner ce port d’EPI obligatoire. À défaut, le règlement intérieur ou toute autre note de service vous informera de l’importance de votre équipement.

En cas de non-respect de ces mesures de sécurité individuelle et collective, vous vous exposez à diverses sanctions, qui peuvent aller du simple avertissement au licenciement pour faute grave. Vous l’aurez compris, vous devez être protégé sur votre lieu de travail, y compris pendant la canicule !

Les alternatives pour supporter la chaleur en toute sécurité

Si vous en avez la possibilité, vous pouvez demander à porter des chaussures de sécurité plus légères. Cela vous permettra d’une part de mieux supporter la chaleur, mais aussi, sur le long terme, de diminuer la fatigue musculaire et améliorer votre confort de travail au quotidien.

Pendant les périodes caniculaires estivales, vous avez le droit de reporter les tâches les plus difficiles, ou alors les effectuer le matin. Restez hydraté et convenablement protégé des rayons du soleil.

Si vous ne pouvez pas vous passer de vos chaussures de sécurité, peut-être êtes-vous autorisé à porter des vêtements plus légers, clairs et amples ? Renseignez-vous sur cette éventualité auprès de votre hiérarchie.

En cas de travail par température extrême, votre employeur est tenu de réduire les tâches les plus rudes, et d’adapter vos horaires dans la mesure du possible. Il doit mettre à votre disposition au moins 3 litres d’eau fraîche et potable. Travaillez à votre rythme.

Si vraiment les conditions météorologiques sont incompatibles avec votre activité, votre employeur peut vous placer en chômage intempérie selon des conditions bien spécifiques.